Les dangers

 

Comme toutes les centrales nucléaires, celle de Fessenheim est dangereuse et représente de graves risques pour les populations. Mais celle de Fessenheim cumule de plus des risques spécifiques :

1 – Contrairement à la plupart des autres centrales nucléaires PWR françaises, celle de Fessenheim (tête de série) n’a qu’une simple enveloppe de protection en béton, doublée d’une peau en acier qui se déforme. Fessenheim est la plus vieille centrale nucléaire française (les deux réacteur ont atteint les 38 ans de fonctionnement en 2015). L’acier des deux cuves se fragilise sous l’action du flux de neutrons. Différentes études du GSIEN et de Bella Belbéoch (ingénieure ESPCI) montrent qu’après 30 ans de fonctionnement, on entre dans une « zone grise » où l’on ne peut plus prévoir la vitesse de dégradation de l’acier.

Le nombre élevé d’incidents de toute nature montre que la « culture de sûreté », tant vantée par EDF, a été oubliée à la centrale : depuis plusieurs années, Fessenheim détient le triste record du nombre d’incidents pour l’ensemble des centrales françaises. Au vieillissement du matériel se joignent les retards de maintenance, les erreurs humaines et le cumul des incidents. Au printemps 2014, une « fuite d’eau » a dégénéré en inondation ayant entraîné de graves dégradations électriques et une mise en arrêt de 49 jours.

2  – En cas d’accident, le radier (plancher de la centrale), même depuis son épaississement (réalisé à grands frais), ne résisterait pas à la traversée du corium. En cas de fusion du cœur nucléaire et en moins de 61 heures (estimation ASN), la plus grande nappe phréatique d’Europe occidentale (qui coule entre 2 et 5 mètres sous la centrale) serait irrémédiablement polluée. Et cette pollution s’étendrait sur tout le bassin rhénan (France, Allemagne, Belgique, Pays Bas). De plus, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire estime qu’en cas de présence d’eau, le percement du radier aurait lieu en moins de 48 heures !

Ainsi la centrale menace directement la vie des plus d’un million de personnes installées dans un rayon de 30 km (taille de la zone d’évacuation à Fukushima) et le potentiel touristique de l’Alsace (18 millions de visiteurs / an, dont dépendent 36 000 emplois).

3 et 4 – La centrale est construite sur une faille sismique active, dans le fossé rhénan, comme en témoignent de fréquentes secousses (11 séismes de magnitude supérieure à 3,5 depuis l’an 2000), sans même évoquer le tremblement de terre historique qui ravagea Bâle en 1356.

L’Alsace n’est pas à l’abri de nouveaux séismes d’importance: voir le site du Bureau Central Sismologique Français : http://www.franceseisme.fr et les études du BRGM http://www.planseisme.fr/Alsace,79.html et de la DREAL www.alsace.developpement-durable.gouv.fr/le-risque-sismique-a2057.html

La centrale est implantée en zone inondable (quelques mètres au-dessus de la plus grande nappe phréatique d’Europe de l’Ouest) et se situe à env. 8,5 mètres sous la ligne d’eau du Grand Canal d’Alsace dont elle n’est séparée que par une digue, elle-même présentant des fragilités.En cas de rupture de cette digue, quelle qu’en soit la cause, la catastrophe serait inévitable et serait comparable à celle causée par un tsunami ! Si la digue cédait ou si le barrage d’Ottmarsheim situé en amont du site nucléaire se rompait, la centrale serait balayée par une énorme vague puis immergée sous au moins 1 à 2 mètres d’eau. EDF n’a jamais étudié l’impact d’une rupture de la digue

5 – Le problème de la proximité des aéroports : les deux piscines (recouvertes de simples bâtiments métalliques) et la salle de commande ne résisteraient pas à la chute d’un avion (l’Euro-Airport de Mulhouse-Bâle est à moins de 40 kilomètres ou 6 minutes de vol et l’aérodrome de Bremgarten à 3 km). Quant aux bâtiments réacteurs, ils ne résisteraient pas à la chute d’un avion de ligne.

Cette fragilité pose d’ailleurs un grave problème de sûreté concernant le risque terroriste, ceci d’autant plus que la centrale de Fessenheim, implantée juste à la frontière avec l’Allemagne, est devenue particulièrement emblématique pour toute l’Europe.

6 – Des sources de refroidissement loin d’être garanties… si le barrage de Fessenheim cédait en aval de la centrale, la portion du canal qui la longe se viderait brutalement, privant les réacteurs de refroidissement. En quelques minutes, ce serait la fusion du cœur et la catastrophe. EDF a récemment ajouté, en guise de seconde source froide, un puits de pompage dans la nappe phréatique, doté d’un débit de 50 m3/h. Or le refroidissement d’urgence de réacteurs tels que ceux de Fessenheim requiert un débit d’environ 2000 m3/h dans les toutes premières heures. Ce débit atteint encore 200 m3/h pour assurer le refroidissement au bout d’un mois. Il apparaît donc clairement que cette seconde source froide demeure insuffisante. En outre, comment être certain que le captage des eaux souterraines reste possible après un fort tremblement de terre ? »

Plus de détails sur le site du Réseau Sortir du Nucléaire

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