Fessenheim obtient un nouveau sursis grâce au probable retard de Flamanville

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Communiqué de presse Réseau Sortir du Nucléaire – 31 mai 2018

EPR de Flamanville : il faut stopper la fuite en avant et abandonner définitivement le chantier !

Alors qu’EDF s’apprête à annoncer un nouveau retard pour l’EPR de Flamanville, le Réseau “Sortir du nucléaire » appelle à arrêter les frais et à stopper ce chantier catastrophique.

Des défauts graves sur des équipements cruciaux

En avril 2018, des défauts graves ont été détectés sur des soudures du circuit secondaire de l’EPR de Flamanville. Ces canalisations constituent des composants cruciaux pour la sûreté qui, pour éviter à tout prix tout risque de rupture, doivent présenter une qualité irréprochable. Mais ces soudures n’avaient pas été effectuées dans les règles de l’art. Pire, l’entreprise sous-traitante qui les avait contrôlées les avait déclarées conformes !

Malgré ces défauts, EDF comptait effectuer des essais sur ces canalisations défectueuses cet été en y diffusant de la vapeur radioactive

Or selon des informations diffusées aujourd’hui par Libération, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), jouant cette fois-ci son rôle, exige aujourd’hui qu’EDF reprenne la quasi-totalité des 150 soudures concernées, ce qui pourrait se traduire par un report en 2020 du démarrage du réacteur.

L’arbre qui cache la forêt des malfaçons

Ce nouveau déboire pour le chantier de l’EPR n’est pas une surprise et vient s’ajouter à une longue litanie de malfaçons : bétons mal coulés, aciers de mauvaise qualité, cuve non conforme aux règles de l’art, défauts déjà identifiés sur d’autres soudures, tuyauteries déjà corrodées avant d’entrer en service

Au vu des conditions régnant sur le chantier [1], il y a tout lieu de suspecter que d’autres malfaçons sur d’autres équipements, non identifiées par EDF, restent encore à découvrir.

L’EPR de Flamanville, ce prétendu fleuron de l’industrie nucléaire française, sera un réacteur rafistolé de toutes parts avant même d’avoir démarré, et tout laisse craindre que ces réparations seront elles-mêmes défectueuses ! Cette fuite en avant aussi coûteuse que dangereuse doit cesser. Au nom du sauvetage à tout prix du produit phare d’EDF, toute l’Europe est mise en danger.

Ces nouvelles avaries surviennent alors qu’EDF prétend imposer la construction d’un « EPR simplifié », pour une mise en service vers 2030, et repousser toute fermeture de réacteurs à 2029. Il est hors de question de laisser un acteur aussi irresponsable continuer à dicter la politique énergétique française. Actionnaire principal d’EDF, l’État se doit d’intervenir et de décider l’abandon de ce chantier nuisible et des autres projets de réacteurs EPR, qui constituent autant de verrous pour une transition énergétique digne de ce nom.

[1] Dans sa note d’inspection, l’Autorité de sûreté nucléaire évoquait ainsi une organisation et des conditions de travail nuisibles à la qualité des contrôles, ainsi qu’un important défaut de surveillance de la part d’EDF et de Framatome.

Contacts presse :

Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Catherine Fumé – 06 62 84 13 88

Chargée de communication :

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