POUR MAXIME, MUTILÉ SUR LA ZAD de NNDL LE 22 MAI 2018


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Robin est un jeune père de famille blessé grièvement à Bure en Août
dernier par une grenade explosive GLI-F4. Il nous a fait parvenir une
lettre qu’il a transmis à Maxime, dont la main a été arrachée par une
grenade explosive GLI-F4 hier sur la zad. « Il est tombé près de 4000
grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les
gendarmes mobile ». Elles avaient déjà fait plusieurs centaines de
blessés depuis le début de l’opération.

La lettre est disponible en pdf en pièce jointe.

/// POUR MAXIME, MUTILÉ SUR LA ZAD LE 22 MAI 2018 – LETTRE DE ROBIN,
MUTILÉ À BURE LE 15 AOÛT 2017.

Mettre des mots sur l’horreur.
Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d’État.
Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner.
Ne pas se laisser écraser par le concert d’opérations sémantiques, de
propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre
empathie et de la révolte qu’elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il
rejoint bien plus gravement encore, l’enfer que j’ai vécu durant 9
mois. Le 15 août 2017, à Bure, l’explosion d’une grenade GLI-F4 tirée
par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de
13cm et
jusqu’à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et
pulvérisant les os. C’était pendant une manifestation contre le projet
Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y
a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent
de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1m de diamètre et
peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de «
lacrymogènes » ou d’« assourdissantes » que la préfecture et les
ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité
à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L’État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas
présent, les conséquences sont bien pires qu’un tir à balle réelle.

Déjà, à l’époque, j’avais alerté sur les dangers des grenades explosives
en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les
grandes chaînes ont cantonné l’information à la région Lorraine. La
majorité des français ignore encore la vérité sur ce sujet. Il est tombé
près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son
invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et
des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu’elles
projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l’hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit
et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre
avec une seule main. Cette main, que l’explosion lui a arraché sur le
coup, l’État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre
combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de
l’ordre a fait couler trop de sang.

Combien d’éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par
l’utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ? La
violence de l’État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche
à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la
solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime,
prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui
apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi.
Maxime tiens bon !