Pas encore redémarré, mais déjà un incident de niveau 1 sur le réacteur n°2

L’ASN a autorisé contre toute logique de sécurité le redémarrage du réacteur n°2 de Fessenheim, dont nous savons pourtant que la virole basse du générateur de vapeur (GV n°335) est constituée d’un acier trop carboné, ce qui la rend extrêmement fragile. Mais ce redémarrage, sur un réacteur grabataire, s’avère très difficile pour EDF qui en a reporté l’échéance du 31 mars au 3 avril, puis du 3 avril au 6 avril.

C’est que les problèmes s’accumulent !

  • Le 19 mars : température d’un réservoir d’un circuit  de secours trop haute. Pourquoi?
  • Le 20 mars : pression du circuit primaire trop haute (avec un GV fragilisé…). Pourquoi?
  • Le 27 mars : « indisponibilité » d’une pompe (laquelle?) empêchant un test. Pourquoi?
  • Or, voici qu’un événement de niveau 1, déclaré ce 4 avril par EDF à l’ASN, vient d’être rendu public le 5 avril :

« Dans le cadre de l’arrêt programmé de l’unité de production n°2, des opérations de maintenance ont notamment été effectuées sur un équipement de mesure de la puissance du réacteur. Le paramétrage de cet équipement n’a pas été réalisé conformément à l’attendu entrainant son indisponibilité au-delà de la période prescrite par le référentiel en vigueur. Dès constatation du défaut par les équipes de la centrale, l’équipement de mesure a été de nouveau paramétré pour retrouver sa pleine fonctionnalité.
Cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, d’autres moyens de mesure étant disponibles. Néanmoins en raison de sa détection tardive, il a été déclaré le 4 avril 2018 à l’Autorité de sûreté nucléaire, au niveau 1 de l’échelle INES qui en compte 7. »

Source : https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-fessenheim/actualites/indisponibilite-d-un-equipement-de-mesure

Ainsi, alors qu’EDF affirmait depuis 22 mois procéder à des opérations de « maintenance » sur ce réacteur, en réalité  interdit de fonctionnement du 13 juin 2016 au 12 mars 2018, elle n’a pas été en mesure de paramétrer comme il eût convenu un « équipement de mesure de la puissance du réacteur ». Certes, une erreur de paramétrage peut arriver dans tout système industriel, mais ce qui est inquiétant c’est que sa détection ait été aussi tardive sur une installation nucléaire ! Ce n’est donc que pendant les derniers instants précédant ce redémarrage périlleux, que l’exploitant a fait ce constat.

Nous attendons la suite avec impatience. Peut-on encore un court instant espérer que l’ASN, dans un sursaut de responsabilité assumée, décidera d’arrêter cette folle remise en marche ? Elle y gagnerait en crédibilité, assurément !

André Hatz