LETTRE OUVERTE à Monsieur Pierre-Franck CHEVET, Président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

LETTRE OUVERTE 

à Monsieur Pierre-Franck CHEVET, Président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

 Copie à 

 Monsieur Pierre BOIS, Chef de Division de l’ASN Strasbourg

Mesdames et Messieurs les représentants de la Presse

OBJET : Fessenheim – réacteur n°2 – Générateur de vapeur n°335 – demande de NON REDÉMARRAGE

Monsieur le Président Pierre-Franck CHEVET,

Nous venons vers vous pour vous demander instamment de ne pas autoriser en la situation actuelle le redémarrage du réacteur n°2 de Fessenheim, désormais programmé pour le 3 avril 2018 (selon information du site RTE).

En effet :

1) Monsieur Pierre BOIS, Chef de la Division de l’ASN Strasbourg, avait indiqué devant la CLIS de Fessenheim réunie le 28 novembre 2017 : “L’ASN a prévu d’associer la CLIS, soit sous forme de réunion dédiée, soit sous forme de complément d’information, pour travailler sur les modalités d’information du public”, comme cela ressort du compte-rendu de cette réunion. Or, rien de tel n’a été mis en oeuvre à ce jour, si ce n’est un débat d’experts lors de la plénière du 20 mars 2018.

2) Les membres de la CLIS n’ont pas pu participer au débat comme il aurait convenu, la séance du 20 mars 2018 ayant été levée par le Président de la CLIS. Quant aux modalités d’information du public (principe qu’il avait énoncé), elles restent à être déterminées par l’Assemblée.

3) La demande exprimée par le Dr SCHÜLE, représentant du Regierungspräsidium de Freiburg (D) que nous soutenons, d’une expertise indépendante vient d’être acceptée par Monsieur le Président de la CLIS Michel HABIG. Par mail du 29 mars, adressé à M. Gilles BARTHE (représentant d’Alter Alsace Energies à la CLIS et membre du Bureau), Monsieur HABIG a fait savoir qu’il souhaite lui aussi qu’une contre-expertise soit réalisée. Il a prévu de se rapprocher de l’ASN et d’EDF “afin de connaître les conditions d’obtention de données plus complètes et rédiger une convention multipartite permettant le lancement d’une contre-expertise”.

Nous demandons, pour notre part, que le groupe d’expert qui réalisera cette contre-expertise soit tri-national (France-Allemagne-Suisse) et que le Regierungspräsidium (demandeur de la contre-expertise) ainsi que les autres membres de la CLIS soussignés puissent participer au choix des experts qui seront désignés. Nous demandons aussi que ce groupe d’experts puisse disposer de l’ensemble des documents, non occultés.

Le Président HABIG propose d’inscrire le sujet du GV 335 lors de la CLIS d’automne. Nous ne savons pas si un aussi long délai sera nécessaire, en tout état de cause il est clair à ce jour que les seuls avis de l’IRSN et de l’ASN s’avèrent insuffisants pour garantir la sûreté de ce GV 335 et la sécurité des populations.

4) Nous observons d’ailleurs que Monsieur Yves MARIGNAC a fait valoir son droit de retrait à l’occasion de l’examen du dossier du GV 335 par le GPESPN et a dénoncé les méthodes de l’ASN dans cette affaire.

L’ensemble de ces éléments nous conduisent à vous demander de faire stopper toute éventuelle remise en marche du réacteur 2 de FESSENHEIM.

Nous ne pourrions en aucun cas accepter que l’ASN autorise le redémarrage du réacteur 2 de Fessenheim avec un générateur de vapeur non conforme, issu de procédures industrielles frauduleuses inadmissibles pour un équipement en « exclusion de rupture », dont la défaillance-même est inenvisageable car pouvant donner lieu à un accident majeur, le seul but poursuivi par EDF étant de faire croire que la fermeture du réacteur 2 de Fessenheim est une “fermeture anticipée” et de pouvoir toucher, de ce fait, 490 millions d’euros d’argent public. La sécurité des populations vaut mieux que cela.

La CLIS a autorité à imposer cette contre-expertise. Elle vient de le faire. Sauf à nier totalement les prérogatives de la CLIS, l’ASN ne peut se prévaloir d’être le décideur unique.
 
Nous vous demandons donc instamment d’intervenir IMMÉDIATEMENT pour que le GV 335 ne soit pas remis en service avant la réalisation de cette contre-expertise voulue par la CLIS, sa prise de connaissance et sa mise en débat au sein de l’Assemblée de la CLIS, et enfin l’information annoncée du public.

 Dans cette attente,

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président Pierre-Franck CHEVET, en nos salutations les meilleures.

  • Gilles BARTHE,

Représentant d’Alter Alsace Energies auprès de la CLIS Fessenheim

  • Jean-Paul LACÔTE,

Représentant de la fédération Alsace Nature auprès de la CLIS Fessenheim

Vice-Président de l’ANCCLI

Membre du HCTISN (Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire

  • Claude LEDERGERBER,

Représentant le CSFR (Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin) auprès de la CLIS Fessenheim

 

  • Jean-Marie BROM,

Directeur de recherche au CNRS

Membre du GSIEN (Groupe de Scientifiques pour l’Information sur l’Energie Nucléaire)

Porte-parole de l’association Stop Transports – Halte au Nucléaire

  • Thierry de LAROCHELAMBERT,

Cofondateur d’Alter Alsace Energies

Chaire Supérieure de Physique-Chimie

Docteur en Énergétique de l’Université de Haute Alsace

Professeur et chercheur associé à l’Institut FENTO-ST (CNRS-UMR 6174)

 

  • Jean-Jacques RETTIG,

Président du CSFR (Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin)

 

  • Lucien JENNY,

Représentant le collectif Les Citoyens Vigilants des environs de Fessenheim

 

  • Gustav ROSA

Représentant le collectif Montagsmahnwache Breisach

 

  • André HATZ,

Président de l’association Stop Fessenheim

 

 

Contact :

André HATZ ahatz.stopfessenheim@gmail.com

+33 6 82 02 69 79